Les Wikis
Quoi ?
Un wiki est un type particulier de site Web permettant à une communauté de créer et de modifier collectivement un contenu publié en ligne.
Pourquoi ?
Pour co-construire des connaissances. Il est surtout utilisé pour l’élaboration, en mode collaboratif, de documents de référence principalement textuels et souvent libres de droits.
Pour qui ?
Pour un groupe partageant un intérêt pour une question précise.
Leurs principales fonctionnalités
- Tout utilisateur autorisé peut créer, modifier ou effacer une page.
- Toutes les modifications au contenu, et donc les versions successives, leur date et leurs auteurs sont enregistrées dans une base de données. On peut donc revenir facilement à une version antérieure et la rétablir.
- Un moteur de recherche permet de localiser l’information.
- L’insertion de liens, internes et externes, est facilitée.
- L’accès au contenu ou à l’écriture peut être limité à des contributeurs déterminés, ou non.
- Les pages qui ne doivent pas être modifiées peuvent être verrouillées.
- Les modifications sont visibles instantanément.
D’autres options fréquentes
- Éditeur visuel (WYSIWYG) facilitant le formatage des ajouts.
- Possibilité d’insertion d’audio et de vidéo.
- Prévisualisation des modifications.
- Niveaux de sécurité multiples.
- Antipourriel incluant ou non un test captcha.
- Différentes langues d’interface.
- Création de tags ou d’étiquettes.
- Notification des modifications par courriel.
- Possibilité de « créer un livre », imprimé ou en format PDF, à partir des pages du wiki.
- Syndication de contenus : abonnement par flux RSS ou autre.
- Vérification des liens et de l’orthographe.
- Ajout de sondages, calendriers ou blogues.
- Insertion de fichiers joints de différents formats.
Usages côté rédacteurs
Un wiki permet de construire facilement un site Web qui peut être utilisé comme portail, permettant d’afficher des renseignements relatifs à diverses informations et d’autres ressources d’intérêt.
La construction de dépôts de documentation
que ce soient des textes, des images ou d’autres éléments, comme des citations. http://dialoguesenhumanite.free.fr est un exemple de ce type : des militants y ont déposé déjà plus de 8 ans de témoignage, textes et photos.
L’élaboration collaborative de documents liés à un projet
On y développe entre autres :
- des documents de conception et de suivi d'événements;
- des publications collectives, des études de cas;
- la planification d’événements et la réalisation de remue-méninges;
- des comptes rendus de réunions, de colloques, etc...;
- le partage de ressources documentaires ou de liens d’intérêt.
L’évaluation des rédacteurs.
La conservation des versions successives, la notification des modifications faites et la possibilité de commenter permettent le travail collaboratif, sans avoir à télécharger ou à manipuler de multiples documents.
Usages côté visiteurs
La contribution à l’élaboration de documents de référence sur un sujet
C’est l’usage le plus courant des wikis. Le wiki est alors utilisé pour construire collectivement des travaux thématiques, des portails de gestion de connaissances de groupe, notamment sur des domaines en évolution rapide ou des dictionnaires, des glossaires, des guides ou des manuels, des bibliographies ou webographies, des inventaires, des notes de cours ou des foires aux questions …
La recherche dans les sources et l’évaluation de leur valeur ou de leur pertinence
Les ressources élaborées via des wikis sont souvent citées, avec ou sans évaluation de leur pertinence dans les travaux des étudiants. Ils offrent donc une opportunité d’éducation à l’évaluation, à la critique et à la synthèse des sources.
La publication d’ouvrages et leur discussion
Le wiki facilite entre autres :
- La compilation de notes de lecture et la discussion d’ouvrages mis en ligne dans un wiki;
- La rédaction collective;
- La publication des travaux, leur discussion avec leurs pairs.
L’élaboration collaborative de documents liés à un travail d’équipe
On peut faire, dans le wiki, la planification des travaux, les comptes rendus de réunions de même que la rédaction proprement dite du travail d’équipe. Comme le wiki permet d’établir facilement ce qu’ont été les contributions, il peut aussi contribuer à motiver et à équilibrer les apports au travail commun.
La socialisation.
Dans un site qui utilise le wiki, celui-ci peut aussi être utilisé comme moyen de « briser la glace » dans un nouveau groupe collaboratif. Chacun peut aussi avoir sa page de présentation.
Des avantages et opportunités
- Le wiki favorise l’amélioration des compétences en production collaborative incluant le développement de l’attitude d’ouverture nécessaire ainsi que de capacités de communication, de négociation et de synthèse.
- L’intégration automatique de contributions multiples. Le wiki est beaucoup plus efficace que les démarches itératives normalement utilisées pour produire et réviser des textes communs ou organisationnels.
- Le suivi et l’authentification des modifications successives. Il permet de remonter à la source de chacune des modifications faites et peut ainsi faciliter leur évaluation.
- La pratique de l’écriture. Les wikis sont un des outils sociaux les plus axés sur l’écriture de textes substantiels.
De plus, cette écriture se fait dans un contexte d’échange et d’entraide entre pairs qui peuvent contribuer à l’amélioration de leurs compétences respectives de rédaction. Par ailleurs, dans un contexte organisationnel, des capacités d’écriture collaboratives seront sans doute davantage sollicitées que des capacités d’écriture individuelle, d’où l’importance de les développer. - La promotion de la qualité: Les wikis soumettent la rédaction à un examen constant par lequel ils s’autorégulent et s’autocorrigent.
- La décentralisation de l’autorité et du contrôle. Le wiki donne généralement à chaque contributeur la même autorité et le même contrôle. Il oblige donc à un partage du pouvoir et à une relation de confiance envers les autres participants.
- Le développement de l’esprit critique. Le wiki oblige les contributeurs à une analyse préalable du matériel pour établir si - et comment -, il peut être amélioré. Parallèlement, les lecteurs doivent être capables d’évaluer le résultat, puisque le contenu n’a pas fait l’objet d’une validation externe.
Des risques, défis et impacts
- Son organisation et sa structure particulières. Bien que le wiki soit un outil relativement simple, il demande un certain apprentissage. L’absence de structure explicite peut aussi désorienter l’usager habitué à une organisation hiérarchique des contenus. Il faut en conséquence prévoir du soutien, élaborer des consignes - que les utilisateurs pourront enrichir au besoin - et donner des exemples de ce qui a déjà été fait. Il faut aussi tenir compte du temps nécessaire pour l’apprivoisement, qui rend le wiki plus difficilement utilisable dans des formations courtes.
- Les risques perçus liés à la sécurité. Les risques de « vandalisme » et d’arrosage (spamming) du site et d’inclusion de fausses informations, joints à la crainte de perdre le contrôle du site, font hésiter certains et heurtent les barrières institutionnelles.
- La participation et sa motivation. Puisque le wiki ne place pas l’individu au premier plan et ne lui donne donc pas la visibilité que favorisent plusieurs autres médias sociaux, il peut présenter des défis particuliers en termes de motivation à participer.
- L’ajustement de l’évaluation. L’évaluation de tout travail d’équipe demande une réflexion sur la prise en compte, ou non, des participations individuelles et de la dynamique du groupe, en plus du produit collaboratif final.
- Le wiki est un outil qui favorise la recherche de consensus. Bien qu’il puisse être adapté, il n’est pas a priori conçu pour les débats d’opinion et le développement d’argumentaires ou l’incitation à l’innovation.
- Les options limitées offertes en termes de design du site ou de présentation de l’information. Par défaut, le wiki accorde priorité « à la co-construction des connaissances plutôt qu'à l'apparence du site ».
- Le besoin de planification de l’activité. La construction d’un wiki demande une certaine planification de la structure du contenu et des activités de rédaction. Il faut au préalable : « faire consensus sur les objectifs de l'activité, les rôles de chacun, la finalité poursuivie ainsi que sur l’échéancier ». Il est aussi préférable de réfléchir d’abord à l’arborescence, puisqu’il peut être difficile de réorganiser après coup.
- Les difficultés liées à la migration des contenus d’un système à l’autre, qui rendent d’autant plus important le choix du moteur et de l’hébergement du wiki.
Les blogs
Quoi ?
Le terme blogue, carnet ou cybercarnet, est issu de l’anglais Web-log ou journal Internet. Il s’agit d’un site Web généralement publié par un seul individu, centré sur un sujet particulier et régulièrement mis à jour. Les articles ou billets d’un blogue paraissent en ordre chronologique inversé et chacun peut être commenté. La plupart des blogues sont surtout textuels, incluent de nombreux hyperliens et offrent des options de syndication des contenus. Ils peuvent cependant inclure des images, du son et de la vidéo ou même être centrés sur d’autres médias.
Pourquoi ?
Pour diffuser largement et facilement ses opinions, réflexions ou activités, le plus souvent en regard de l’actualité.
Pour qui ?
D’abord utilisés par les journalistes, chroniqueurs et experts en technologie, les blogues se sont multipliés. Il y en a maintenant plus de 130 millions, principalement de type journal personnel.
Applications pédagogiques des blogs
- diffusion d’information à un groupe
- suivi d'ateliers, de témoignages
- éléments de communication rédacteurs / internautes, internautes entre eux
- Travaux collaboratifs de recherche, de veille, de projets
- Carnets de voyages, de visites
- Support multimédia de communication
Comparaison blogs & wikis & forums VS courriel & dépôts de doc
Les blogs
Alors que le blog est centré sur les idées d’une personne et leur discussion,
le wiki vise le consensus d’un groupe.
Le blog est généralement lié à l’actualité et affiche ses rubriques selon un « fil temporel » en ordre chronologique inversé. Les thèmes qu’on y aborde sont variés.
Le wiki se constitue plutôt autour d’un sujet central d’intérêt plus continu.
Les différents « billets » qu’inclut un blog se succèdent sans se remplacer.
Dans un wiki, ils sont intégrés.
Le blogue référence le billet, publié par ordre antéchronologique, le wiki référence la page.
Les forums:
Le forum vise la discussion et l’échange,
le wiki vise la production d’un document commun.
Le forum est constitué d’interventions individuelles successives non intégrées alors que le wiki parle d’une seule voix.
Comme dans un wiki, les contributeurs à un forum sont relativement égaux et les deux outils permettent de suivre le fil de leurs apports.
Les courriels:
Le wiki effectue l’intégration des modifications liées à un contenu. Celles-ci sont visibles immédiatement par tous les contributeurs. Il permet donc d’éviter la sauvegarde locale et la gestion de versions multiples de documents échangés par courriel.
Les dépôts de documents en ligne:
Les dépôts permettent le partage de fichiers (documents Word, Excel, etc...).
Les wikis créent des pages Web.
Les dépôts sont généralement privés,
les wikis sont plutôt publics.
Les textes créés dans un wiki sont le plus souvent des documents de référence, conçus pour être utilisés de façon durable, mais continuellement mis à jour.
Les dépôts servent le plus souvent à finaliser un document dans un délai précis.
Les wikis structurent leurs contenus de façon particulière et proposent un outil de recherche.
Les dépôts permettent de produire collaborativement plusieurs types de fichiers.
| Wiki | Blog
|
Écriture réfléchie Travail commun Référence: la page Syntaxe propre Réactions par discussion Actualisation espacée Publication hiérarchisée | Outil de communication Écriture spontanée Opinion individuelle Référence : l’article, le billet Éditeur de texte intégré Réactions par commentaires Actualisation régulière Publication ante-chronologique |
En résumé:
Pourquoi utiliser Blog et Wiki
- l’opportunité d’utiliser des outils dont tout le monde parle
- découverte d'un apprentissage en groupe, en communauté
- réaction et échange sur ses propres connaissances et celle des autres
- l’apprentissage s’appuie sur l’authenticité des expériences
- développement personnel et confiance en soi sont intensifiés
- la motivation personnelle est accrue : l’appropriation des contenus est plus rapide
Changement des règles
Apprendre devient une activité continue liée au travail. L’apprentissage informel marque les compétences.
| collectif | ==> | collaboratif | ==> | créer |
- Je suis au sein d'un groupe qui réfléchi et développe la même chose que moi
| - Les compétences de chacun enrichissent la réflexion des autres
| - Je participe à la création de contenus
|
De nouveaux outils apparaissent et créent de nouvelles habitudes : Podcasts et vidéos sont maintenant des supports privilégiés. Le microblogging (Twitter) s’accentue.
- Communication régulière, efficace et interactive
| | - Collaboration et base de connaissances
| | - Accès immédiat à l'information
| | - Partage en communauté et folksonomie
|
| Blogs | Wikis | Flux RSS | Bookmarking Social / Tags |
Les flux, agrégateurs et signets sociaux
Quoi?
Les signets sociaux sont des adresses de sites favoris sauvegardées en ligne et étiquetées selon les mots-clés (tag) de son choix. Le terme folksonomie fait référence à cette indexation par les gens plutôt que par des experts.
Les termes de flux ou de fils (RSS, XML, Web, Atom) désignent un fichier XML qui répertorie les nouveautés d’un site. Un internaute peut s’abonner à ces contenus, qu’on dit alors « syndiqués », en utilisant un lecteur ou agrégateur de flux.
Pourquoi? Pour chercher des ressources, y accéder de n’importe quel ordinateur, partager ses favoris avec des collaborateurs ou s’abonner, via des flux, à des contributeurs ou à des mots-clés.
Les flux sont des signets vivants auxquels on s’abonne pour être tenu au courant rapidement et automatiquement des modifications faites à des sites fréquemment mis à jour, comme les blogues ou les médias d’information, ou pour télécharger des fichiers, par exemple des fichiers podcasts ou des mises à jour de logiciels.
Pour s’abonner à un fil, il faut un logiciel qui traite les flux. Le plus souvent, il s’agit d’un navigateur Web récent ou d’un agrégateur en ligne (Bloglines, Google Reader, Netvibes, etc.). Les sites qui offrent la syndication affichent un ou plusieurs icones, sur lesquels l’utilisateur clique pour s’abonner.
Les services qui permettent de créer des outils du Web 2.0 (blogues, etc.) intègrent presque tous un module pour créer automatiquement des flux.
Voir par exemple : delicious, Digg ou Diigo.
Leurs principales fonctionnalités
Les principales différences entre agrégateurs tiennent à l’information présentée et aux possibilités de la partager. Le lecteur de flux d’un navigateur Web affiche normalement une simple barre d’outils. Des menus déroulants par source y donnent accès, par l’utilisateur du navigateur seulement, aux titres des dernières publications, abrégés au besoin.
Les agrégateurs en ligne affichent des renseignements plus détaillés:
auteur, moment de la publication, résumé, images. Ils les regroupent sur des pages Web qui peuvent être publiques ou non, subdivisées par dossiers ou par types de sources. Certains permettent de réorganiser les contenus et offrent de nombreux modules complémentaires.
Pour les diffuseurs de flux, il existe aussi des outils de suivi des abonnements:
nombre d’abonnés, liens consultés, etc.
Tous les logiciels de signets sociaux contiennent des fonctionnalités de base similaire:
hyperlien, mots-clés, description de la ressource, abonnement par flux à des sujets ou à des auteurs, vote ou commentaires sur les ressources indexées. Certains conservent une copie des pages conservées, permettent de créer des dossiers, d’importer des signets d’autres sites ou d’exporter ses signets en différents formats.
Les flux en comparaison …
Le courriel et les listes de diffusion:
Les listes de diffusion obligent à fournir une adresse de courriel, soulevant certaines inquiétudes en matière de respect de la vie privée et de pourriels. Ils obligent aussi l’émetteur à gérer les abonnements et désabonnements. Elles peuvent toutefois permettre de constituer une communauté, alors que les flux sont individuels, et elles n’obligent pas le récepteur à aller consulter un agrégateur.
Les flux RSS peuvent aussi être reçus par mail.
Les folksonomies:
Les folksonomies aident à repérer des contenus intéressants, les flux permettent de s’abonner à leurs modifications. Par défaut, les flux sont personnels et les signets sociaux, partagés. Les flux donnent la possibilité de s’abonner à la plupart des outils sociaux du Web 2.0. Mais l’utilisation des microblogues et des réseaux sociaux, en permettant l’abonnement à de nombreux contributeurs publiant des fils de nouvelles et l’intégration de ceux-ci, est une autre façon de demeurer informé d’une variété d’actualités ainsi que de partager ses liens.